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Au sommaire de La Lettre de Malango N° 99 :
Les principales annonces de Sarkozy pour l'outre-mer
Départementalisation de Mayotte : l'Assemblée de l'Union des Comores en appelle au parlement européen
Yves Jégo veut redéfinir les rapports entre la métropole et les départements d'outre mer
SE-CGT Mayotte regrette 'le silence et l'inertie' des syndicats
Les médecins poursuivent leur grève
La présidente de Terre d’asile jugée pour 'transport de makis'
La Star en grève
Mohamed Abdou Mhadjou a posé un lapin aux juges
Une organisation comorienne milite pour l’éducation citoyenne
Nawal, la Voix des Comores, va se produire à Washington
Quatre français expulsés de Madagascar
Crise à Madagascar: l'équipe de l'opposant Rajoelina investit 4 ministères

La lettre de Malango
99

Vendredi 20 Février 2009

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Outremer DOM TOM

Politique

 

Les principales annonces de Sarkozy pour l'outre-mer

 
Samedi 21 Février 2009
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Voici les principales annonces faites jeudi par le président Nicolas Sarkozy pour l'outre-mer devant les élus ultramarins réunis à l'Elysée, puis sur RFO. La plupart d'entre elles avaient été annoncées par Yves Jégo il y a quelques jours.

Yves Jégo mis sur la touche, le dossier de l'outre mer a été repris par F. Fillon et N. Sarkozy.

- effort supplémentaire de l'Etat au profit des quatre DOM de 580 millions d'euros (dont 280 au titre du RSA en 2010)

- exonération de toute charge sociale de la prime exceptionnelle que les entreprises pourraient verser aux salariés modestes en Guadeloupe et complément sous forme de RSA pour "arriver très près de la demande initiale de 200 euros supplémentaires" du collectif LKP

- Etats généraux de l'outre-mer dans chaque collectivité, que M. Sarkozy ouvrira lui-même en se rendant en Guadeloupe en avril. Synthèse en mai, avant réunion du premier Conseil interministériel de l'outre-mer avant la fin mai

- améliorations du projet de loi pour le développement de l'outre-mer: enveloppe supplémentaire de 150 millions d'euros, portant sur les zones franches globales d'activités (notamment pour la taxe professionnelle), les exonérations de charges sociales et le logement social

- mise au point par la grande distribution dans tous les DOM d'une liste de 100 produits de référence commercialisés à un prix proche de celui de la métropole

- application du RSA effective avant fin 2009, concernera "a minima 110.000 foyers modestes dans les quatre DOM", augmentation moyenne de leurs ressources de 200 euros par mois (coût en 2010: 280 millions d'euros)

- versement de la "prime de solidarité active de 200 euros qui anticipera le RSA dès avril, au profit de 243.000 bénéficiaires"

- remise à plat si nécessaire du système de fixation des prix des carburants

- remise à plat des conditions de la concurrence

- doublement d'ici à trois ans du nombre de jeunes formés par le service militaire adapté (SMA), pour le porter de 3.000 à 6.000

- création d'une collectivité unique par DOM (au lieu d'un conseil général et d'un conseil régional) "si c'est le choix de la population"



COMORES

Diplomatie - Relations internationales

 

Départementalisation de Mayotte : l'Assemblée de l'Union des Comores en appelle au parlement européen

 
Dimanche 22 Février 2009
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Dans un courrier adressé au président du parlement européen, SAID DHOIFIR Bounou, président de l'Assemblée de l'Union des Comores, tente d'attirer l'attention de l'Europe sur le contentieux qui oppose l'Union des Comores à la France à propos de « l'île comorienne de Mayotte ».

En 2005, Saïd Dhoifir Bounou rencontrait Michel Debré, président de l'Assemblée Nationale française.

Faisant une nouvelle fois un rappel au droit international, «  la décolonisation des Comores est inachevée du fait du maintien de l'île comorienne de Mayotte sous administration française », Saïd Dhoifir Bounou affirme que le référendum organisé le 29 mars à Mayotte en vue de sa départementalisation «  va aggraver sensiblement les tensions ».

Pour le président de l'Assemblée comorienne, la France « se livre à des déplacements massifs de population, (16 000 l'année dernière suivant ses propres chiffres) les Comoriens étant considérés par elle comme des clandestins dans leur propre pays » tout en attirant l'attention du parlement européen sur les dangers que ce référendum fait peser sur les relations entre les deux pays alors que « les Comoriens perdront tout espoir d'une solution négociée ».

Il interroge également sur les intentions de l'Union Européenne à ce sujet, « va-t-elle suivre la France, appuyer sa politique du plus fort, valider le fait accompli et conforter la thèse de ceux qui considèrent que les relations internationales sont toujours gouvernées par les lois de la jungle ? »

Faisant référence au statut de RUP (Région Ultra Périphérique), Saïd Dhoifir Bounou demande si « l'Union Européenne est[] prête à intégrer l'île comorienne de Mayotte en son sein. », ce qui impliquerait alors l'Union Européenne dans ce contentieux territorial qui oppose la France et les Comores depuis 35 ans.

Il demande donc au président du parlement européen « de saisir le Parlement Européen sur la politique de la France aux Comores pour que la solidarité nécessaire des peuples européens envers le peuple comorien puisse s'exprimer. »

Enfin, il joint à ce courrier une copie du mémorendum du 12 novembre 2008, « document synthétique cristallisant les positions du peuple comorien », qui avait été remis officiellement par une délégation comorienne composée de Ministres, de Parlementaires et de représentants de la société civile, à l'Ambassadeur de France aux Comores pour transmission au Gouvernement français.

Le contentieux qui oppose la France et les Comores est né au moment de la décolonisation de l'archipel. en 1974 La législation internationale imposait que les frontières des pays décolonisés soient identiques au découpage induit par la colonisation. La France en avait alors décidé autrement en faisant un décompte des voix île par île lors du référendum de 1974 qui devait mener les Comores à l'indépendance. Mayotte avait voté majoritairement contre l'indépendance, contrairement aux trois autres îles.

Depuis l'annonce du référendum du 29 mars prochain, les initiatives comoriennes se sont multipliées pour tenter de l'empêcher et l'Union Africaine (UA), a condamné l'organisation de cette consultation lors de son XIIème sommet.

Depuis, la question de Mayotte est remise régulièrement à l'ordre du jour des débats de l'ONU, comme dernièrement en septembre dernier. Elle est également régulièrement retirée au dernier moment par les gouvernements comoriens successifs.

E.T.

Outremer DOM TOM

Politique

 

Yves Jégo veut redéfinir les rapports entre la métropole et les départements d'outre mer

 
Vendredi 20 Février 2009
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Invité sur France 24, Yves Jégo a exprimé sa volonté de remettre à plat les relations entre la métropole et l'outre-mer. Il va jusqu'à remettre son poste de secrétaire d'état en cause.

La crise des DOM semble avoir fait réfléchir le secrétaire d'état à l'outre-mer sur les liens qui unissent les Départements d'outre-mer et la France métropolitaine. Il en arrive à penser qu'il est temps d'imaginer « un nouveau modèle de gouvernance ».

Suivant la logique d'égalité de traitement entre tous les départements français, Yves Jégo va jusqu'à remettre la pertinence de son ministère en cause : « il faut que les liens entre la métropole et ses directoires soient remis à plat. Est-ce qu’il faut garder, par exemple, un Secrétariat d’Etat à l’Outre-Mer ? »

Il poursuit, à la recherche d'une « organisation plus moderne », s'interrogeant sur la mise en place « à l'intérieur des grands ministères, des directions de l’Outre-Mer et puis quelqu’un qui, au sein du Gouvernement, incarne l’Outre-Mer ? »

Il souhaite voir mise en place une décentralisation, ou plutôt une « déconcentration et quelqu'un qui incarne l’Outre-Mer pour la défendre, mais qui ne soit pas l’interface entre les ministères, qui ont leur problématique nationale et puis, l’Outre-Mer, qui a le sentiment que le Ministre de l’Outre-Mer, il peut tout, parce que c’est celui qui a tous les pouvoirs ».

Le secrétaire d'état veut également replacer les DOM dans leur environnement régional, en constatant que « l’Outre Mer, ce n’est pas la périphérie de la France, ce doit être les régions avancées de la France. C’est la plateforme avancée de la France et de l’Europe vis-à-vis des grands marchés du monde ».

Il s'agirait en effet d'une rupture. Jusqu'à présent, comme le relève l'écrivain antillais Edouard Glissant, « la France donne de l’argent aux Antillais par divers moyens, mais pour acheter des produits français, et seulement des produits français. C’est un circuit colonial. » Ce modèle qu'on pourrait qualifier de protectionniste, est le même dans tous les DOM.

Il relève également que le passage de la colonie au département n'a pas été assez marqué. Il a remarqué que « l’histoire de la colonie, que le lien entre les Colons et les esclaves était encore très douloureux et que ce travail n’a pas été fait. Il y a aussi un travail culturel, identitaire, qui est à faire ».

Yves Jégo a également abordé l'épineux sujet de la « profitation » au cœur du malaise actuel dans les DOM, renvoyant les uns et les autres dos à dos : « Est-ce que les patrons profitent de la situation de monopole ? Est-ce que d’autres profitent des aides sociales ? Il y a une situation qui est une situation dont on voit bien que la société s’est déchirée et dont on voit bien qu’il y a un malheur profond. Que faut-il faire face à cela ? Ce n’est pas d’accuser une catégorie sociale ».

Enfin, il s'est attardé sur les différents statuts que peuvent prendre les collectivités françaises d'outre-mer, « Entre un Département d’Outre-Mer, comme la Guadeloupe, donc un département décentralisé, et une collectivité autonomisée comme la Polynésie, la Constitution est très large. » rappelle-t-il, « Mais, il ne faut pas que ce soit le Ministre qui se transformera en gouverneur, qui impose un modèle. Il faut que ce soit les élus locaux. D’ailleurs, la Constitution prévoit que le changement de modèle, le changement de statut, cela appartient aux élus locaux ». Yves Jégo a évoqué le cas de Mayotte qui semble marcher à contre-courant en revendiquant le statut de département d'outre-mer au moment même ou les DOM expriment un si profond malaise. « Mayotte a pris une délibération, il y a maintenant presque un an, en disant : « Nous voulons changer de statut. Nous voulons passer du statut de collectivité au statut de département ». Le 29 mars, il y a un référendum, on va poser la question aux Mahorais, l’Etat a dit : « Voilà quelles seront les conséquences de votre choix, et puis, si vous ne choisissez pas de changer de statut, voilà ce que l’on vous garantit ». Après, c’est aux territoires de décider. Notre Constitution est très large. Cette question-là, c’est une question qui appartient d’abord aux élus locaux et qui doit peut-être être posée en même temps que dire Paris doit faire toujours plus, peut-être qu’il faut aussi se dire, qu’est-ce qu’on est capable de faire sur place ».

Enfin, l'entretien se termine sur ce qui ressemble à un mea culpa « la rupture, ce n’est pas seulement dire aux autres « Changez », c’est peut-être se dire à soi-même « Changeons aussi ».

E.T. d'après l'entrevue sur France 24

MAYOTTE

Mouvements sociaux, Syndicalisme

 

SE-CGT Mayotte regrette 'le silence et l'inertie' des syndicats

 
Vendredi 20 Février 2009
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Après l'annonce des mesures annoncées jeudi par Nicolas Sarkozy, le syndicat SE-CGT Mayotte réagit.

Faisant référence au conflit qui secoue les Antilles françaises, le syndicat "rend hommage aux Guadeloupéens et aux Martiniquais qui ont donné une belle leçon de courage, de solidarité et de détermination".

Il regrette cependant "le silence et l'inertie des organisations et confédérations syndicales locales [mahoraises, ndlr]".

Le SE CGT Mayotte observe une "gestion de conflit différente entre la France métropolitaine et l'outre mer : le 19 février, le Président a reçu des responsables syndicaux sur les revendications nationales alors que pour les revendications des ultras marins, il a discuté avec des élus".

Il remarque également que "les mesures annoncées par le Président ne concernent toutefois pas Mayotte alors que tout le monde reconnaît que la situation dans notre île est pire que dans les DOM".

Mayotte étant dans l'attente du référendum qui devrait l'ériger en département d'outre mer, il n'est guère étonnant que les forces politiques et syndicales mahoraises aient si peu de réactions face au conflit qui embrase les autres départements d'outre mer.

E.T.

MAYOTTE

Mouvements sociaux, Syndicalisme

 

Les médecins poursuivent leur grève

 
Jeudi 19 Février 2009
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Les praticiens hospitaliers, qui protestent contre le redressement fiscal, injuste à leurs yeux, imposé à certains d’entre eux, ont décidé de poursuivre leur mouvement jusqu’à l’obtention d’un rendez-vous précis avec les autorités pour discuter de leur nouveau statut fiscal. Le président du Conseil général leur a remis ce mercredi 18 février une lettre proposant la mise en place d’un groupe de travail dédié à ce problème, mais sa proposition n’a pas été jugée assez précise. La grève a commencé lundi au Centre hospitalier et dans les dispensaires qui sont placés sous sa responsabilité.

MAYOTTE

Justice

 

La présidente de Terre d’asile jugée pour 'transport de makis'

 
Jeudi 19 Février 2009
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Une amende de 1.500 euros, la confiscation de la barque servant au transport des visiteurs, et un affichage dans la presse annonçant la condamnation de Brigitte Gandon : telles sont les sanctions demandées mercredi 18 février par la Procureure de la République, lors de ses réquisitions contre la présidente de l’association Terre d’asile.

« "Terre d’Asile" a modifié, avec la meilleure volonté du monde, les équilibres naturels sur l’îlot dans des proportions qu’il est aujourd’hui difficile de maitriser ».

Celle-ci est poursuivie pour avoir exploité un élevage de makis sans être titulaire d‘un certificat de capacité pour l‘entretien des animaux, et pour avoir capturé, enlevé, utilisé et transporté plusieurs makis. Le verdict a été renvoyé au 15 avril. Un délai qui sera peut-être mis à profit par la cour pour mieux cerner les enjeux liés aux activités de Terre d’asile, qui soigne et nourrit depuis des années des makis introduits sur l’îlot Bouzi par Brigitte Gandon. Car, à en croire Fatima Ousseni, l’avocate de Mme Gandon, « personne n’y comprend rien. C’est une affaire complexe, de scientifiques ».

L’histoire débute à la fin des années 80, lorsque Brigitte Gandon soigne un lémurien blessé apporté par son fils, affirme la prévenue. « Il y en a d’abord eu un, puis deux, puis trois », explique-t-elle à la barre. « Les enfants me connaissaient et m’apportaient les lémuriens blessés. Puis Mayotte s’est développée, des gens ont construit autour de chez moi, et ça a commencé à gêner les voisins. Alors on a cherché un endroit où les makis ne gêneraient pas. L’îlot Bouzi, c’était extra. C’est une ancienne léproserie et les Mahorais n’y attachent pas beaucoup d’importance. »

Brigitte Gandon entame des démarches auprès de l’administration en 1994 et, en 1997, introduit 10 makis sur l’îlot. Aujourd’hui, ils sont environ 500. Une barque effectue une fois par semaine le trajet pour les ravitailler. A son bord, 300 kg de nourriture. Pour financer ses activités, l’association organise aussi des sorties sur l’îlot. Chaque visiteur paie 15 euros pour être conduit en barque jusqu’au « refuge » des lémuriens et rendre visite aux protégés de Terre d’asile. Sur place, il est également sollicité pour des dons de quelques euros.

Seulement voilà : depuis le début, l’approche de Terre d’asile ne fait pas que des enthousiastes. « Nourrir artificiellement ces makis, c’est aller contre la loi de la nature », dira ainsi en substance la Procureure de la République, faisant écho notamment à l’opinion de l’association des Naturalistes de Mayotte qui estiment dans leur revue que « "Terre d’Asile" a modifié, avec la meilleure volonté du monde, les équilibres naturels sur l’îlot dans des proportions qu’il est aujourd’hui difficile de maitriser ».

Ces réserves se sont traduites par une attitude ambigüe de l’administration, qui a toléré la présence de Terre d’asile tout en délivrant des avertissements à sa présidente. Celle-ci, un peu égarée par la complexité des règlementations régissant la détention et le soin aux animaux, a enchainé les demandes d’agrément et d’autorisations, le plus souvent sans succès. Elle s’est aussi trouvée dans le collimateur de la Brigade Nature, qui a visité les installations de Terre d’asile et pointé leurs lacunes : pas de certificat de capacité, stockage de nourriture ouvert favorisant la prolifération des rats, manque de propreté… Si la Brigade a noté depuis quelques améliorations, ses responsables jugent de toutes manières incompatibles l’entretien de makis nourris artificiellement avec le nouveau statut de l’îlot Bouzi, devenu réserve naturelle. Pour couronner le tout, ses agents ont pris Brigitte Gandon en flagrant délit de transport de makis -ceux-ci appartenant à une espèce protégée, il est interdit de les déplacer sans autorisation. L’accusée explique pour sa défense qu’il s’agissait de bébés promis à une mort certaine si elle ne les soignait pas personnellement, mais qu’elle prenait soin d’éviter tout contact de sa peau avec la leur « pour ne pas qu’ils prennent mon odeur ».

« Je pense que vous êtes une personne de grand cœur », a admis le président de la cour qui avait du mal à cacher sa perplexité. « Il faut être une personne de cœur pour faire ce que vous faites. Mais pourquoi cette résistance de votre part par rapport à la loi alors que l’administration a déjà fait preuve de tolérance ?

- Les lois se mettent en place à Mayotte. Il faut le temps de les appliquer. J’ai entamé les démarches, mais il y a des délais ! »

Plus tôt au cours de l’audience, le juge avait repris à son compte des critiques figurant dans le dossier : « Vous parlez de ces animaux comme de vos bébés. Tous ces makis sont vont petits en quelque sorte. » Ce à quoi répondra Brigitte Gandon : « J’ai de l’empathie pour eux mais je ne les confonds pas avec mes bébés. J’ai deux fils qui ont chacun deux bras et deux jambes ! »

Au-delà des deux infractions reprochées à la présidente de Terre d’asile, c’est toute son action qui semblait mise en cause devant le tribunal. Une action née de son « empathie » pour les lémuriens, et peu conforme aux règles de l’orthodoxie écologique. Quel que soit l’avenir de l’îlot Bouzi, la question du statut des makis qu’elle y a installés devra être posée. « Il faut savoir si ce sont des animaux captifs ou non captifs », a ainsi expliqué un responsable des services vétérinaires lors de l’audience. Personne, dans la salle, ne semblait détenir vraiment la réponse.

LG

MAYOTTE

Mouvements sociaux, Syndicalisme

 

La Star en grève

 
Jeudi 19 Février 2009
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La société qui a en gérance le ramassage des ordures ménagères de Mamoudzou a été touchée mardi 17 et mercredi 18 février par des piquets de grève organisés par le syndicat CGTMa. Les grévistes réclament la réintégration d’un collègue licencié récemment, ainsi que le départ de leur directeur.

COMORES

Justice

 

Mohamed Abdou Mhadjou a posé un lapin aux juges

 
Dimanche 22 Février 2009
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Mohamed Abdou Mhadjou, ministre de la sécurité intérieure de l’île autonome de Ngazidja, qui devait comparaitre ce matin au tribunal correctionnel de Moroni, pour des propos haineux qu’il avait prononcé sur les médias le 15 décembre 2008, ne s’est pas présenté devant les juges.

Pourtant, c’est lui qui, le 22 janvier dernier, avait demandé le report de l’audience pour le 19 février pour, semble-t-il, mieux préparer sa défense. Le procès a quand même eu lieu. Il commencera par la lecture des déclarations faites par le ministre lors de son audition à la gendarmerie par le juge Maoulida Djoubeire.

L’avocat de la partie civile, Me Fahami prendra ensuite la parole. Il a d’emblée dénoncé le comportement du ministre qui constitue « un mépris » envers la justice comorienne. « Pourtant les responsables devraient donner les bons exemples », a-t-il ajouté. A la fin de sa plaidoirie, Me Fahami, a demandé que le prévenu verse 25 Fc à la partie civile. Le procureur de la république Azad Mze, pour sa part, a démontré « la dangerosité des propos haineux » tenus par le ministre, dans la mesure où, il avait comme objectif de dresser des Comoriens les uns contre les autres. « Une grande partie de la population a été indignée », a-t-il indiqué. Le procureur a aussi fustigé « le mépris affiché par le ministre envers la justice comorienne », et a requis une peine de 13 mois de prison ferme assortie d’un mandat d’arrêt à l’audience et une amende d’un montant de 1 million Fc (2000 euros).

L’affaire a été mise en délibéré pour le 19 mars prochain.

Faissoili Abdou

COMORES

Société

 

Une organisation comorienne milite pour l’éducation citoyenne

 
Jeudi 19 Février 2009
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Ils étaient environ 300 personnes, hommes et femmes de toutes les différentes couches de la communauté anjouanaise résidant à la Grande-Comore à se retrouver-le temps d’un « pique-nique débat » - pour échanger.

Une réunion organisée à l’appel de l’Agence d’actions communautaires(AAC). Organisés en trois sous groupes les participants à la rencontre ont eu l’occasion de débattre sur trois thèmes essentiels notamment, le patriotisme et la citoyenneté, la solidarité et l’unité nationale et enfin l’Etat et la gouvernance. Trois points qui semblent être les domaines d’actions de l’AAC. Lancée, il y a quelques mois par des cadres d’origines anjouanaises, cette organisation « apolitique et à caractère humanitaire », se fixe comme objectif de « promouvoir la citoyenneté comorienne et renforcer le patriotisme national », explique le docteur Sounhadj Attoumani, président de cette plate forme. Tout un programme…

Composé majoritairement par des Anjouanais, même si les Comoriens des autres îles sont aussi les bienvenus, l’AAC ambitionne de devenir « un vivier de la formation citoyenne ». « L’unité du pays doit se faire d’abord dans nos foyers, nos quartiers, nos îles et à l’échelle nationale », souligne le docteur Sounhadj, pour justifier leur démarche. «Nous nous sentons préoccupés en premier par les Anjouanais car c’est eux qui étaient touché par le séparatisme », a-t-il poursuit. Pour lui, « l’unité d’un pays ne se décrète pas, ce ne sont pas non plus des discours, c’est un comportement de tous les jours ».

Le président de l’AAC indique qu’au lendemain de la libération de l’île d’Anjouan, il avait déjà appelé à un dialogue inter-comorien du genre de ce qui s’est fait en Afrique du Sud avec la formule « paix et réconciliation » mais aucune mesure allant dans ce sens n’a été entreprise par les autorités. C’est donc face à cette situation qu’ils ont décidés, lui et ses amis, de lancer leur mouvement pour sauver le pays d’une autre implosion. Cette rencontre qualifiée « d’historique » par un conseiller auprès de la présidence de la République, qui représentait le président Sambi qui se trouve à l’étranger a été salué par un grand nombre de participants. « Se voir et échanger en tant que communauté est une bonne chose. Et, vu le nombre de personnes qui se sont présentées, cela implique que les gens demandaient bien cela. Ce n’est pas un village ni une région, c’est toute l’île d’Anjouan et les affiliés qui se sont réunis là. Nous encourageons des initiatives pareilles », a noté Elarif Oukacha, ministre chargé de l’aménagement du territoire qui a pris part à la réunion. « Je remercie beaucoup les organisateurs de cette réunion car elle nous a permis d’échanger et mieux se connaître », ajoute pour sa part un jeune vendeur. Dans un contexte où le pays semble plus que jamais confronté à des revendications insulaires, la mise en place d’une telle structure constitue « une étape décisive dans la recherche des solutions multiformes et multisectorielles en faveur du bien être et de l’épanouissement du comorien », a indiqué Daoud Attoumani, conseiller à la présidence de l’Union des Comores dans son discours.

Faissoili Abdou

COMORES

Culture

 

Nawal, la Voix des Comores, va se produire à Washington

 
Vendredi 20 Février 2009
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La chanteuse comorienne Nawal, consacrée « Voix des Comores », va participer au festival Arabesques qui se tiendra du 23 février au 15 mars au Kennedy Center, à Washington.

Nawal est devenue une artiste internationale reconnue. (archive)

Née dans une famille comptant plusieurs musiciens, Nawal a grandi dans la musique populaire et spirituelle dès son jeune âge, aux Comores. Nawal chante en Comorien, en Arabe, en Français et en Anglais. Sa musique, une fusion basée sur des racines acoustiques, comporte un rythme envoûtant et des textes empreints de poésie. Nawal a également été la première femme chanteuse/compositrice et multi-instrumentaliste Comorienne à se produire en public. Elle s’est attiré des acclamations au niveau international comme étant une artiste qui s’est faite elle-même avec sa voix puissante et ses commentaires qui prennent de l’ampleur au sein de la société. Elle est professionnelle depuis vingt ans, et joue, entre autres, le gabussy (instrument Comorien ressemblant au banjo, cousin de l’oud), le daf, ou tari (tambourin Iranien), et la guitare.

Du 23 février au 15 mars, 2009, le Kennedy Center présentera ARABESQUE: Arts du Monde Arabe. Cette célébration sans précédent des Arts et cultures Arabes qui durera trois semaines, comprendra des prestations musicales, des danses, et du théâtre, ainsi que des expositions, installations artistiques, photos, sculptures, cuisine, mosaïques, mode, un souk (marché), paysage sonore, et bien d’autres choses. Le festival, présenté en coopération avec la Ligue des Pays Arabes, verra la participation de plus de 800 artistes représentant 22 pays Arabes.

Si dans le passé, le Kennedy Center a déjà présenté des artistes Arabes, c’est la toute première fois que ce centre a mis sur pied un festival de cette ampleur consacré aux Arts Arabes. Il constitue la plus vaste présentation des Arts Arabes jamais organisée aux Etats-Unis.

Je crois que les arts engendrent la paix et constituent une fenêtre par laquelle on peut comprendre un peuple,” selon Michael M. Kaiser, président du Kennedy Center. “J’espère que ce festival servira de catalyseur vers l’accomplissement de ces deux objectifs entre le monde Arabe et le monde Occidental.” Il a ajouté, “Ce festival mettra en vedette le riche héritage et la beauté du Monde Arabe à travers ses artistes extraordinaires sur les scènes du Kennedy Center.”

Nawal se produira le 28 février 2009 à 18h00. Entrée gratuite.

MADAGASCAR

Politique

 

Quatre français expulsés de Madagascar

 
Vendredi 20 Février 2009
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Les autorités malgaches ont ordonné mercredi à quatre Français de quitter Madagascar pour menace contre l'ordre et la sécurité du pays, rapportent jeudi les médias.

Les quatre Français ont été sommés à partir dans les 48 heures conformément à une ordonnance d'expulsion du ministère de l'Intérieur signé par le directeur général de l'administration du territoire Célestin Rasolomaholy Rakotozafy.

Le ministère de l'Intérieur a refusé de donner plus de détails sur la cause de cette expulsion.

Des observateurs estiment que l'expulsion aurait un lien avec la crise politique actuelle qui prévaut dans la Grande Ile, puisqu'ils sont accusés par le gouvernement d'être de mèche avec Andry Rajoelina, le chef de l'opposition et l'ex-maire destitué d'Antananarvio.

Il est à noter que le poste de l'ambassadeur de France à Madagascar est toujour vacant depuis juillet 2008.

MADAGASCAR

Mouvements sociaux, Syndicalisme

 

Crise à Madagascar: l'équipe de l'opposant Rajoelina investit 4 ministères

 
Vendredi 20 Février 2009
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Quatre "ministres" nommés par l'opposant malgache Andry Rajoelina et censés à ses yeux remplacer le gouvernement actuel, ont symboliquement investi jeudi à Antananarivo des ministères, dont ceux de l'Intérieur et de la Sécurité intérieure, a constaté un journaliste de l'AFP.

Depuis trois jours, les partisans de Rajoelina tentent d'investir les différents ministères.

Après 3 jours de manifestations et de tentatives infructueuses, les "ministres" nommés par M. Rajoelina sont entrés jeudi dans les ministères de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure, de l'Education et de l'Aménagement du territoire, et y ont installé "leurs" ministres du gouvernement de la "Haute autorité de transition" (HAT), a constaté l'AFP.

Après des négociations avec les forces de l'ordre, les "ministres" ont pu accéder sans problème et sans heurts aux ministères quasiment désertés par leurs fonctionnaires, et ont même changé les serrures.

Les différents ministères se situent tous dans le même quartier, dans le centre d'Antananarivo.

Manantsoa Masimana, "ministre" de l'Intérieur de M. Rajoelina et ex-directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur du président malgache Marc Ravalomanana, a ainsi investi les bureaux du ministère de l'Intérieur.

"Si nous avons investi les bureaux, c'est pour y travailler (...) il n'y a pas eu d'effraction, ou alors une effraction légale; on a fait appel à un huissier de justice; nous avons changé les serrures et sécurisé les lieux", a expliqué à l'AFP le "ministre" de la Sécurité intérieure de M. Rajoelina, Organès Rakotomihantarizaka.

Plus tôt jeudi, environ 20.000 partisans de M. Rajeolina, qui réclame la destitution de M. Ravalomanana et s'est proclamé en charge des affaires du pays, s'étaient rassemblés pacifiquement dans le centre de la capitale pour soutenir la démarche des "ministres" de M. Rajoelina.

En début de soirée, la foule avait commencé à se disperser dans le calme.

Une centaine de personnes sont mortes à Madagascar depuis le 26 janvier dans les violences qui ont émaillé le conflit entre le président Ravalomanana et le maire de la capitale destitué d'Antananarivo, Andry Rajoelina.

AFP

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